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mardi, 12 septembre 2017 00:00

«Bébés à la carte»: l'inquiétant morcellement de la procréation

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En France, un enfant sur 32 est désormais conçu sans rapport sexuel. Depuis l'invention de la procréation médicalement assistée jusqu'à la recherche sur embryons et ses potentialités eugénistes, le biologiste Jean-François Bouvet explore les conséquences vertigineuses du big-bang procréatif.

FIGAROVOX.- Un enfant sur 32 naît aujourd'hui sans rapport sexuel, rappelez-vous dans votre livre. En quoi cela constitue-t-il un «big-bang dans la procréation»?

Jean-François BOUVET. - En France, si l'on se réfère au Rapport annuel de l'Agence de la biomédecine, un peu plus de 25 000 bébés sont nés en 2014 grâce aux techniques de la procréation médicalement assistée (PMA) — ce qui représente effectivement 3,1 % des naissances, pour seulement 2,6 % cinq ans auparavant… Une augmentation à relier, entre autres, aux problèmes de fertilité rencontrés par nombre de couples.

Mais si je parle de big bang procréatif, c'est plutôt pour évoquer un phénomène plus large, d'envergure planétaire celui-là: le morcellement du processus de procréation. Si, dans les années soixante, l'arrivée de la pilule contraceptive a chimiquement entériné la séparation entre sexualité et reproduction, la décennie soixante-dix et les suivantes ont connu une autre révolution biologique en forme de dissociation. À savoir la possibilité de segmenter la réalisation d'un projet d'enfant, en le fragmentant entre des intervenants multiples: donneuse d'ovocytes, donneur de sperme, plus éventuellement mère porteuse et parents dits «intentionnels» dans le cas de la gestation pour autrui (GPA).

Dernière étape en date, portant à six le nombre de parents potentiels: la fourniture, par une femme autre que les géniteurs, de mitochondries — ces petits organites apportés à l'œuf par l'ovocyte lors de la fécondation, et assurant dans nos cellules des fonctions énergétiques. Fin 2016, le Royaume-Uni a été le premier pays à autoriser un tel mode de conception. Dans quel but exactement? Il faut savoir que les mitochondries disposent de leur propre matériel génétique, de taille certes très limitée par rapport à celle de l'ensemble de l'ADN de la cellule mais dont les mutations peuvent être à l'origine de maladies génétiques rares. D'où l'idée de remplacer si nécessaire ces organites, dans le cadre d'une fécondation in vitro (FIV) entre spermatozoïdes et ovocyte, par ceux de l'ovocyte d'une autre femme, indemnes de telles mutations. Une sorte de «FIV à trois parents», donc. Et un pas de plus vers le morcellement de la reproduction.

  Source: lefigaro.fr

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Dernière modification le jeudi, 14 septembre 2017 13:41
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