Être ami avec son ado sur les réseaux sociaux : bonne ou mauvaise idée ?

Être ami avec son ado sur les réseaux sociaux : bonne ou mauvaise idée ?
Publié le
September 2, 2026
Suivre son adolescent en ligne peut rassurer, mais aussi être vécu comme une intrusion. Tout dépend de la place que le parent choisit d’occuper.

À l ’heure où Instagram, Snapchat et TikTok font pleinement partie de la vie des adolescents, les parents hésitent souvent entre plusieurs attitudes : rester totalement à distance, demander à suivre le compte de leur enfant, ou encore poser des règles sans être eux-mêmes inscrits. Derrière une simple demande d’ami se jouent en réalité des questions de confiance et de protection de l’intimité. Conseillère conjugale et familiale et thérapeute de couple Imago, Marie Vautherin observe chez les parents des positionnements très différents. Certains restent "très hermétiques aux réseaux sociaux" et rejettent une réalité qui appartient pourtant au quotidien de leurs enfants. D’autres cherchent à entrer dans leur univers numérique au risque de glisser vers une forme de copinage. Enfin, certains s’informent, échangent et tentent de discerner la place la plus ajustée. "La question n’est pas binaire, prévient-elle. Il n’y a pas quelque chose de bien ou de mal dans le fait d’être ami avec son enfant sur les réseaux sociaux."

Qu’est-ce qui me motive en tant que parent ?

Pour Sophie, mère d’un garçon de 14 ans, suivre son compte Instagram constitue surtout un filet de sécurité : "Je ne commente jamais ses publications, mais il sait que je suis là et qu’il peut venir me parler si quelque chose le met mal à l’aise." Laurent a fait le choix inverse avec sa fille de 16 ans, qu’il éduque seul : "Elle m’a dit qu’elle avait besoin d’un espace à elle. J’ai respecté cela, à condition que nous puissions parler franchement de ce qu’elle fait en ligne."

Être "ami" avec son enfant ne signifie donc pas nécessairement se comporter comme l’un de ses camarades. "Les parents sont les parents. Ils ne sont pas au même niveau que les amis de leur enfant. La différence des générations est importante à respecter", rappelle Marie Vautherin. À l’adolescence, le jeune a besoin de se différencier, de mettre une certaine distance et de vivre une partie de ses expériences hors du regard familial. Une présence parentale trop insistante peut alors être ressentie comme une intrusion dans son intimité.

Il m’a dit qu’il avait l’impression que j’entrais dans sa cour de récréation.

Clarisse, mère de trois adolescents, en a pris conscience lorsque son fils lui a reproché de commenter chacune de ses publications : "Il m’a dit qu’il avait l’impression que j’entrais dans sa cour de récréation. Depuis, je regarde de loin et nous en parlons plutôt hors ligne." Pour Anne, dont la fille de 19 ans étudie à l’étranger, les réseaux ont au contraire permis de maintenir un lien léger : "Je peux suivre ses découvertes sans l’appeler tous les jours." Ces situations montrent que l’âge, la maturité et le contexte changent profondément la réponse. "La vraie question est : pourquoi est-ce que je souhaite être ami avec mon enfant sur les réseaux sociaux ? Qu’est-ce qui me motive ? Est-ce que cela me semble juste ? Et comment mon enfant va-t-il le vivre ?", interroge Marie Vautherin. La curiosité bienveillante, le désir de partager ses créations ou de garder un lien n’ont pas le même sens qu’une volonté de surveillance permanente.

"Ami" ou pas, offrir un filet de sécurité

La conseillère familiale insiste surtout sur tout ce qui doit se construire avant même l’ouverture d’un compte : "Toute la prévention et tout le lien se font en amont", explique-t-elle. Les parents peuvent demander à leur enfant ce qui lui donne envie de rejoindre tel réseau, l’informer des risques, poser des limites adaptées à son âge ou, pour les plus jeunes, convenir de connaître les codes et de visiter ponctuellement le profil avec lui. L’objectif n’est pas de l’espionner, mais de lui offrir "comme un filet de sécurité dans ce monde assez vertigineux".

Avant d’envoyer une demande d’ami, mieux vaut donc en parler clairement : "Il ne faut pas balancer une demande sans échange préalable", souligne Marie Vautherin.

Source : fr.aleteia.org

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