
L’ancien Premier ministre du Québec, qui a supervisé l’adoption de la toute première loi canadienne sur l’« aide médicale à mourir », affirme se sentir aujourd’hui « partagé » après avoir constaté « à quel point cette pratique a évolué depuis lors » (cf. « Depuis quatre ans, aucune de nos inquiétudes n’a été prise en compte » : les soignants demandent au Premier ministre de les entendre sur l’« aide à mourir »).
L’Assemblée nationale du Québec a adopté en 2014 une loi définissant les conditions dans lesquelles les patients en phase terminale peuvent demander l’ « aide médicale à mourir » (AMM).
« Elle était clairement réservée aux cas terminaux ou pré-terminaux, avec un parcours bien défini et malheureux vers la fin de vie. Et ce n’est plus le cas aujourd’hui », constate Philippe Couillard (cf. Euthanasie : le Canada étend le don d’organes aux patients qui ne sont pas en phase terminale). « Je ne suis pas sûr que j’aurais à nouveau voté en faveur de cette loi, compte tenu de l’extension de son champ d’application que nous avons observée ces dernières années », confie-t-il.
En 2024, le Québec a même été jusqu’à autoriser les demandes anticipées d’« aide médicale à mourir » pour les personnes souffrant par exemple de la maladie d’Alzheimer (cf. « Aide médicale à mourir » : le Québec autorise les demandes « anticipées »).
Source : www.genethique.org
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La France s'honorerait à tirer les leçons de l'expérience d'autres pays, et notamment concernant la loi autorisant l'aide à mourir. Bien des politiques tirent la sonnette d'alarme sans que cela ne soit pris en compte. Saurons nous, à l'avenir, en France encadrer strictement l'application de la loi pour l'aide à mourir ? Ou aurons nous des regrets dans quelques années devant une extension illimitée des champs d'application de la loi ? La question peut légitimement se poser.